Les insectes pollinisateurs

Qui sont les pollinisateurs ? Voici un graphique issu du programme de science participative Spipoll (Suivi photographique des insectes pollinisateurs), qui présente les visiteurs des fleurs.  En moyenne, en 20 minutes d'observation photographique, les participants ont observé : 31 % d'Hyménoptères (Hymenos = Mariage, Ptère = ailes, leurs ailes sont couplées par une série de petits crochets). Au sein du groupe des Hyménoptères on trouve les abeilles, les guêpes, les fourmis, etc. 34 % de Diptères (Di = 2, Ptère = ailes, les insectes à deux ailes) Le groupe des Diptères comprend les mouches, les moustiques, les tipules etc. 11% de Lépidoptères (Lepidos = écailles, Ptère = ailes, les insectes aux ailes couvertes d'écailles). Ce sont les papillons, qu'ils volent le jour ou la nuit ! 12% de Coléoptères (Coléos = étui, Ptère = ailes, ceux qui ont une paire d'ailes durcie (élytres) qui protège une autre paire permettant souvent de voler). Le groupe d'insectes le plus vaste, qui comprend les scarabées, les coccinelles, les longicornes, et encore bien d'autres 5% d'Hémiptères (Hémi = moitié, Ptère = ailes, ces insectes ont une paire d'ailes à moitié durcie et coriace, à moitié fine et membraneuse) Ce sont les punaises ! 

Des auxiliaires du jardin 

Il existe, en France métropolitaine, probablement plus de 10 000 espèces d’insectes qui participent à la pollinisation : abeilles, bourdons, guêpes, mouches, papillons, scarabées, etc. Si les abeilles domestiques sont connues pour cela, c’est parce que nous nous intéressons à elles, en particulier à leur miel. 

Sans cette grande partie des insectes des fleurs (floricoles ou pollinisateurs), environ 80% des plantes à fleurs (il existe des plantes sans fleurs) ne produirait pas ou peu de fruits.

En effet, les plantes à fleurs se distinguent des autres végétaux par la production de fruits contenant des graines. Cette particularité est à l’origine de leur nom scientifique (Angiospermes) signifiant « graines dans un réceptacle ». La fleur est le siège des organes sexuels de la plante. La partie mâle se nomme l’étamine. En forme d’antenne, c’est elle qui fabrique les grains de pollen producteurs de spermatozoïdes.

Le pistil forme quant à lui l’appareil reproducteur femelle. Il se compose d’un tube, le style, à la base duquel se trouve un ovaire renfermant l’ovule. Lorsque un grain de pollen se retrouve sur une fleur femelle de la même espèce, il émet un long tube, le tube pollinique, qui descend le long du pistil de la fleur jusqu’à l’ovaire et les ovules qu’il contient. Les spermatozoïdes contenus dans le grain de pollen peuvent alors migrer jusqu’à l’ovule.

La rencontre entre un spermatozoïde et un ovule a lieu : c’est la fécondation. L’ovule se transforme ensuite en graine protégé par l’ovaire qui deviendra le fruit. Ce sont les pommes, les poires, les cerises de nos jardins. Ces graines, une fois dans le sol, pourront donner de nouvelles plantes et le cycle de la vie recommencera.

Et parmi les résultats de cette fécondation, une grande partie se retrouve dans nos assiettes, de façon directe ou indirecte. 
Directe : nos fruits et légumes, des aubergines aux poires, des carottes aux courgettes, des haricots aux prunes, etc.
Indirecte : une partie des végétaux qui nourrissent les animaux domestiques. 

Comment mieux les connaître ? Participer au Spipoll ! Suivi photographique des insectes pollinisateurs.

Des insectes "utiles" ?

On entend et lit souvent que les insectes seraient « très utiles ». Mais utiles pour qui ? Pour moi, eux, nous ?
Lorsqu’on y réfléchit mieux, cette façon de voir les êtres vivants est centrée sur l’Homme. Les insectes auraient-ils été placés sur Terre pour nous rendre service ? Il fut un temps, nous le croyions. Mais depuis cent cinquante ans et la publication de la théorie de l’évolution, nous savons qu’il n’y a pas de hiérarchie dans le vivant et que nul être vivant n’est au service de l’autre. L’évolution propose par hasard et sans intention, l’environnement dispose.

Combien de temps les insectes seront-ils encore considérés comme nos petits esclaves, dévoués et prompts à polliniser nos fleurs, fertiliser nos sols, recycler nos déchets ou encore servir de nourriture aux oiseaux que l’on apprécie ? Si cette étape intellectuelle de l’utilitarisme du vivant semble encore nécessaire pour accepter celui-ci, il est désormais utile de rappeler qu’elle est obsolète.

L’un des buts de nos actions d’information et de sensibilisation est donc de nous amener à voir les insectes pour ce qu’ils sont, intrinsèquement, et non comme des « utilités ». D’autant que si nous, êtres humains, devions répondre de notre « rôle écologique » sur la planète, nous serions bien ennuyés !

Dépasser la notion de « rôles écologiques »

La question de l’utilité reste malheureusement trop souvent d’actualité.  

Utiles à qui ? Généralement c’est à l’humanité que l’on pense quand on pose cette question. Pourtant les insectes ne « travaillent » pas pour nous. Les insectes, comme tous les animaux, font partie intégrante des écosystèmes. Ils occupent différentes places, et participent donc à leur bon fonctionnement. Les insectes sont présents (presque) partout en très grand nombre, leur place au sein des écosystèmes est fondamentale. 

Certains insectes sont encore trop souvent qualifiés de « nuisibles » (bien que ce terme soit depuis longtemps rejeté par la communauté scientifique), alors que les dégâts qu’ils provoquent sont généralement liés à une gestion intensive et inappropriée des écosystèmes (monocultures intensives, utilisation de pesticides appauvrissant considérablement la quantité et la diversité des insectes, dont les régulateurs naturels…). 

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